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67 % des employeurs et managers sondés veulent continuer d’investir dans des outils de contrôle de l’activité des salariés

Publié le 03/05/2023 par Sabrina Khoulalène

Comment peut-on concilier contrôle de l’activité des salariés et respect de leur vie privée ? Cette problématique est d’autant plus importante que la mise en œuvre de la surveillance au travail implique une obligation de transparence, car les outils de surveillance numériques peuvent parfois empiéter sur la vie privée des travailleurs.

Contrôle de l’activité des salariés

Depuis la révolution industrielle et encore plus à l’ère du télétravail, les employeurs recourent à la surveillance des salariés afin de s’assurer de leur productivité. Les travailleurs restent cependant attachés au respect de leur vie privée sans pour autant dénier le droit de contrôle des employeurs.

Dans le premier volet de notre enquête, consacré à la perception des employés sur la surveillance au travail, 69 % des répondants surveillés ou non, et qui ne sont pas surveillants, ont déclaré être “à l’aise” ou “très à l’aise” avec les outils de surveillance de la charge de travail. Ils affirment, en revanche, être un peu moins à l'aise avec les outils de surveillance de l’espace de travail, notamment par webcam. Par ailleurs, 59 % des sondés de cette catégorie ne perçoivent aucun impact de la surveillance sur leur motivation au travail.      

Outre la perception des employés, l’avis des dirigeants et des managers surveillants est un indicateur important pour analyser la pertinence et l’impact de la surveillance au travail sur les performances de l’entreprise. C’est l’objectif de ce deuxième volet de l’enquête qui tente de répondre à quelques interrogations :        

  • Quelle est la propension des employeurs et managers à investir dans la surveillance au travail ?
  • Quelles sont les méthodes de surveillance utilisées et quels sont leurs avantages selon eux ?
  • Quels sont les principaux défis liés à l’implémentation des outils de surveillance ?
  • Quel est l’impact de la surveillance sur les performances de l’entreprise ?

Pour apporter des éléments de réponse, l’enquête a été menée auprès d’un échantillon de 123 managers exécutifs et propriétaires d’entreprise ainsi que de 116 managers de niveau hiérarchique inférieur et employés qui utilisent des outils de surveillance, mais qui ne sont pas eux-mêmes surveillés. Une méthodologie complète est disponible à la fin de cet article.

36 % des professionnels interrogés utilisaient déjà les outils de surveillance avant la crise sanitaire

De nombreuses entreprises exercent aujourd’hui, de différentes manières, le contrôle de l’activité des salariés. Dans le cadre de notre enquête, 63 % des professionnels interrogés affirment qu’ils utilisent des outils de surveillance au travail, contre 32 % qui n’en feraient pas usage. 

Utilisation des logiciels de surveillance

C’est la généralisation du télétravail du fait des restrictions sanitaires qui serait, d’après une idée reçue, à l’origine de l’intensification de la surveillance au travail. En effet, tout porte à croire que la majorité des employeurs ont eu recours à la surveillance dans le but de contrôler l’activité des salariés appelés à travailler à distance. Contrairement à cette idée, notre enquête révèle que plusieurs entreprises pratiquaient déjà la surveillance au travail bien avant les restrictions sanitaires liées à la crise de la COVID-19. C’est le cas pour 36 % des professionnels sondés. 21 % des répondants l’ont cependant mise en place dans les 6 premiers mois suivant l’entrée en vigueur des restrictions sanitaires et 5 % plus de 6 mois après.     

La surveillance au travail est en réalité un concept très ancien qui remonte aux débuts de la révolution industrielle. Cette surveillance était alors “corporelle”, exercée par des contremaîtres et des vigiles. Avec l'avènement des technologies, cette pratique s’est dématérialisée grâce à l’utilisation d’outils numériques tels que les logiciels de surveillance des employés. C’est cette forme numérique de la surveillance des salariés qui a été particulièrement propulsée par le télétravail dont la pratique s’est démocratisée depuis la pandémie.

Quid de l’investissement dans les logiciels de surveillance ?

D’une manière générale, les changements majeurs dans l’entreprise, comme l’investissement dans un outil de surveillance des salariés, font l’objet d’une consultation auprès des principaux managers de l’entreprise. Interrogés sur la question, 82 % des professionnels sondés qui utilisent les outils de surveillance reconnaissent avoir donné leur accord pour que l’entreprise investisse dans un logiciel de surveillance des employés. Par contre, 9 % répondent qu’ils ne sont pas d’accord avec cet investissement et 9 % disent n’avoir pas été consultés à ce sujet.

Le coût d’acquisition des logiciels de surveillance des employés peut varier, notamment selon le type de logiciel, les fonctionnalités offertes ou encore le nombre d’utilisateurs. Parmi les professionnels qui affirment utiliser des outils de suivi et de surveillance au travail, 46 % déclarent que leur entreprise a investi dans ces outils entre 100 et 1 000 euros pour tous les utilisateurs. Pour 30 % des répondants, cet investissement s'élève à plus de 1 000 euros.

Budget de la surveillance au travail

À la question de savoir s’ils continueront à investir dans un logiciel de surveillance des salariés, 67 % des sondés qui utilisent déjà ces outils ont répondu par l’affirmative. Ainsi, la majorité des entreprises ne semblent pas vouloir renoncer au contrôle de l’activité des salariés. Cette prise de position s’explique sans doute par la reconnaissance des effets positifs de la surveillance, aussi bien par les employeurs que les employés. Les effets positifs soulignés par ceux-ci sont, entre autres, la comptabilisation juste et précise du temps de travail nécessaire à une gestion efficiente de l’entreprise, la prise en compte effective de la charge de travail des collaborateurs ainsi qu’une meilleure visibilité sur la productivité et les performances des employés.

La présence des employés est majoritairement surveillée

La surveillance au travail peut porter sur plusieurs paramètres. Parmi les aspects qui sont souvent contrôlés figurent notamment :

  • la présence : les heures de connexion et de déconnexion, les périodes d’activité et d’inactivité,
  • l’activité informatique : l’accès à internet et le temps passé sur internet,
  • l’activité et l’inactivité : les mouvements de souris, les frappes de touches du clavier,
  • l’espace de travail : la surveillance par webcam, les photos ou captures d’écran à intervalles réguliers,
  • l’utilisation du téléphone et les conversations audio au téléphone,
  •  l’utilisation des comptes personnels de réseaux sociaux,
  • la localisation GPS et le suivi des véhicules,
  • la gestion de la charge de travail : liste de tâches, objectifs et indicateurs de performance,
  • la santé et le bien-être au travail.

Les résultats de notre enquête révèlent que la présence est l’aspect le plus surveillé par la  majorité des professionnels interrogés. En effet, ils représentent 35 % de l’échantillon ayant déjà mis en place des outils de surveillance. 

Paramètres surveillés au travail

Avec la popularisation du télétravail, l’assiduité au poste de travail semble être l’une des principales problématiques à résoudre par les responsables RH. Les dirigeants d’entreprise pourraient craindre que l’éloignement physique du salarié puisse favoriser l'absentéisme, une tendance qui serait nuisible aux résultats de l’entreprise.

Outre le contrôle des présences, les autres aspects les plus surveillés par les professionnels sondés qui utilisent les outils de surveillance sont : la gestion du temps (27 %), le suivi de l’activité informatique (23 %), la gestion de la charge de travail (21 %). On note que ces différents aspects se rapportent directement à l’activité du salarié. L’intérêt marqué des employeurs et managers pour ces aspects pourrait s’expliquer par le fait que ceux-ci y voient le moyen de garantir la productivité des employés, particulièrement dans un contexte où le travail à distance tend à se généraliser.

Quels sont les avantages principaux des méthodes de surveillance selon les managers et dirigeants ?

Au cours de notre enquête, les professionnels utilisant les outils de suivi et de surveillance ont été interrogés sur les avantages principaux des méthodes exploitées. Les cinq avantages les plus plébiscités par les répondants sont les suivants :

  • Les employeurs/managers ont une meilleure visibilité sur les activités quotidiennes (28 % des choix exprimés).
  • La surveillance des salariés améliore la sécurité de l’entreprise (23 %).
  • Les heures travaillées ou supplémentaires peuvent être plus facilement prises en compte par les employeurs/managers (22 %).
  • Les employeurs/managers ont une meilleure visibilité sur la productivité et les performances des employés (22 %).
  • Le niveau de bien-être des employés est plus visible (21 %).

En comparant ces résultats aux réponses des employés dans le premier volet de l’enquête, on peut déduire que la majorité des employeurs, des managers et des employés s’accordent sur les principaux avantages de la surveillance, notamment la prise en compte des heures travaillées ou des heures supplémentaires, ainsi que la visibilité sur les activités quotidiennes et la charge de travail des salariés.

D’autres avantages de la surveillance au travail sont également mentionnés par les employeurs et les managers, à savoir la détection rapide des erreurs avant qu’elles ne s’aggravent (19 %), la possibilité pour les chefs d’équipe de déléguer des tâches selon la charge de travail des employés (19 %) et le fait de disposer de preuves de travail des employés (19 %). Seul 1 % des sondés ne perçoit aucun avantage lié à la surveillance au travail.

Les défis liés à la surveillance des employés

Si la surveillance au travail présente des avantages notables, elle n’est pas moins sujette à des défis majeurs se rapportant au respect de la vie privée des salariés et à leur bien-être.

Garantir le respect de la vie privée des salariés

L’une des principales exigences dans la mise en œuvre du contrôle de l’activité des employés est de garantir la protection des données personnelles collectées par les outils de surveillance. De même, les employeurs doivent se conformer à une obligation de transparence en communiquant clairement aux employés des informations précises sur les modalités et la finalité du traitement des données, mais aussi sur la légitimité de la surveillance. Pour 29 % des sondés utilisant les outils de surveillance, ce dernier point apparaît comme le principal défi lié à la surveillance des employés.

Respect de la vie privée des salariés

De même, la nécessité de fournir des informations transparentes sur les aspects de la surveillance est jugée problématique par 28 % des répondants. On retrouve également, parmi les principaux défis soulevés par les employeurs et managers sondés, la communication des droits des employés (21 % des réponses), le respect de la vie privée (16 %), le respect de l’éthique et des politiques de confidentialité des données (12 %). S'interroger sur le respect de ces exigences semble fondé pour les employeurs et les managers interrogés qui utilisent des outils de surveillance.

Au regard des résultats qui ressortent de cette interrogation, d’une part, 90 % des professionnels sondés utilisant les outils de surveillance attestent que leurs employés sont informés sur les raisons pour lesquelles ils sont surveillés : 53 % d’entre eux affirment que les salariés surveillés ont été formés ou qu’ils ont signé un contrat spécifique ; 37 % déclarent que les salariés ont été prévenus par e-mail et ont tous les moyens de se renseigner et 7 % considèrent que les employés surveillés sont “assez informés”, certains salariés ayant été prévenus. En revanche, 3 % reconnaissent que les employés ignorent les motifs de la surveillance.

Il est à noter que la CNIL n’impose aucun canal pour l’information des salariés concernant la surveillance au travail. Elle préconise simplement, conformément au Règlement général sur la protection des données (RGPD), que l’information soit communiquée à la personne concernée “d’une façon concise, transparente, compréhensible et aisément accessible, en des termes clairs et simples”.

Assurer le bien-être des employés

La notion de bien-être au travail est souvent considérée comme un critère pour mesurer la perception des professionnels sur le contrôle de l’activité des salariés. En général, les avis sont partagés. C’est la tendance qui se dégage des résultats de notre enquête. Questionnés sur ce que pensent les employés de la surveillance numérique, 58 % des dirigeants et managers qui disent avoir plus ou moins informé leurs salariés estiment que la majorité des salariés n’y voient aucun problème. 41 % pensent que le personnel est partagé : certains ne voient pas d'inconvénient à ce qu'ils soient surveillés, tandis que d'autres estiment cette pratique désagréable.

Plusieurs employeurs et managers de notre échantillon utilisant les logiciels de surveillance des employés reconnaissent tout de même faire face à des défis liés au bien-être des employés dans l’implémentation de ces outils. Le risque d’un impact négatif sur la confiance des salariés comptent pour 23 % des inquiétudes exprimées, tandis que 22 % se rapportent à l’augmentation de stress. 

Impact sur la confiance des salariés

De même, l’idée d’un effet néfaste sur le moral des employés revient dans 14 % des réponses. Enfin, 13 % des réponses portent sur le sentiment de contrainte qui pousse les employés à travailler plus, sans prendre leur pause, ou à faire des heures supplémentaires. Ces défis exprimés par les employeurs viennent corroborer les inquiétudes exprimées par les employés au cours du premier volet de notre enquête. 

En effet, comme nous l’avons vu dans le premier volet, 48 % de l’échantillon des salariés interrogés affirment que savoir qu’ils sont surveillés nuit ou nuirait à leur moral. Pour 37 %, ce sentiment génère une augmentation de stress et 31 % redoutent un impact négatif sur leur moral. Même s’ils semblent moins alarmistes que les employés, les employeurs sont donc bien conscients des dangers de la surveillance sur le moral des salariés. La surveillance au travail pourrait dégrader le climat de confiance ainsi que le bien-être et la motivation des salariés au travail, ce qui affecterait leur productivité et par conséquent les performances de l’entreprise. Assurer la transparence sur les modalités de la surveillance serait primordial pour gagner la confiance des employés. 

Comment faire rimer surveillance avec efficience et confiance ?

En conclusion, on peut retenir que la mise en place des outils de suivi et de surveillance des salariés répond principalement à un besoin d’amélioration ou de maintien de la productivité des travailleurs dans un environnement de généralisation du télétravail. Employeurs et employés semblent s’accorder sur les avantages de cette démarche, à savoir qu'elle permet une meilleure visibilité sur les activités et la productivité, ainsi qu'une prise en compte effective du temps et de la charge de travail des salariés. Cependant, l’implémentation des logiciels de surveillance des employés reste confrontée à des défis majeurs, notamment la transparence et le respect de la vie privée d’une part, et d’autre part son impact négatif sur le moral et la confiance des travailleurs.

Les dirigeants d’entreprise et les managers doivent prendre des mesures afin de tirer parti de la surveillance au travail et d'éviter des effets contraires à l’objectif visé. Ces mesures consistent principalement à communiquer aux employés des informations claires et transparentes sur les modalités et sur la légitimité de la surveillance, mais aussi, dans la mesure du possible, à choisir des solutions véritablement pertinentes, moins intrusives et plus respectueuses de la vie privée des employés. 

Et maintenant ? Consultez notre catalogue de logiciels de surveillance des salariés pour trouver l’outil qu’il vous faut.


Méthodologie :

Pour collecter les données de ce rapport, nous avons mené une enquête en ligne entre janvier et février 2023 regroupant la participation de 239 professionnels dont 123 managers exécutifs et propriétaires d’entreprise ainsi que 116 managers de niveau hiérarchique inférieur et employés qui utilisent au moins un outil de surveillance des employés mais qui ne sont pas eux-mêmes surveillés. Les critères de sélection des participants étaient les suivants :

  • Réside en France
  • Âgé(e) de plus de 18 ans
  • Travaille à temps plein ou à temps partiel dans une entreprise de 2 à 250 personnes
  • Propriétaires d’entreprise ou managers exécutifs ainsi qu’employés ou managers de niveau hiérarchique inférieur qui utilisent des outils de surveillance mais qui ne sont pas eux-mêmes surveillés

Le nombre de répondants varie d’une question à l’autre selon leurs réponses apportées aux questions précédentes.

Cet article peut faire référence à des produits, programmes ou services qui ne sont pas disponibles dans votre pays, ou qui peuvent être limités par les lois ou règlements de votre pays. Nous vous suggérons de consulter directement l'éditeur du logiciel pour obtenir des informations sur la disponibilité du produit et le respect des lois locales.

À propos de l'auteur

Sabrina, analyste de contenu pour Software Advice, suit les dernières tendances technologiques et donne des conseils stratégiques aux PME. Fan de cinéma, rock et tennis.

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